La Pentecôte : le baptême dans l’Esprit Saint

Publié le 13 Juin 2012

Source : Jeunes Cathos

JeunesCath@

 

 

Dix jours après l’Ascension, la Pentecôte célèbre la venue de l’Esprit saint sur les apôtres. Décryptage avec le père Nicolas Steeves.

 

La Pentecôte en bref, c’est :

- 4 chiffres : 50 jours, 12 Apôtres, « quelques » femmes, 15 nationalités ; et
- 3 signes prodigieux : un vent violent, des langues de feu, des apôtres multilingues.

cf. Actes des Apôtres, chap. 2

 

Mais… mais… il n’y a pas de « lundi de Pentecôte » dans la Bible ? Non ! Si en France, le lundi après le dimanche de la Pentecôte est férié, c’est qu’on est censé avoir tellement fait la fête le dimanche qu’on a besoin d’un jour de plus pour s’en remettre !

Mais plus sérieusement, que fête-t-on à la Pentecôte ? Et d’abord, que veut dire ce mot ?

 

« Pentêkostê » en grec signifie « cinquantième ». Le 50è jour après la Pâque, les Juifs fêtent le don de la Loi par Dieu au Sinaï. A l’époque du Christ, des foules de Juifs et de sympathisants venaient du monde entier à Jérusalem pour célébrer cette fête de Chavouot, dans le joyeux brouhaha multiculturel de la Diaspora dispersée dans l’Empire romain.

 

Que se passe-t-il alors chez les plus proches amis de Jésus, 50 jours après la Pâque qui l’a vu mourir et ressusciter ? Voici quelque temps, ils ont vu Jésus monter au ciel, après leur avoir promis une chose qu’ils ne comprennent encore pas bien : le « baptême dans l’Esprit Saint ». Désormais, ils se retrouvent donc à Jérusalem, comme Jésus le leur a demandé, et vivent une vie fraternelle dans l’attente de cet événement. Les Apôtres se rassemblent souvent pour prier avec Marie, la mère de Jésus, et quelques autres femmes, dans la « pièce du haut » (« Cénacle ») où ils ont partagé le dernier repas de Jésus.

Or, voilà que le 50ème jour après Pâques, alors qu’une foule bigarrée s’est rassemblée pour la Pentecôte juive, les Apôtres, Marie et leurs amis entendent un bruit « pareil à celui d’un violent coup de vent » qui remplit la maison : 1er signe. Et le 2è signe ne se fait pas attendre : « une sorte de feu qui se partageait en langues et se posa sur chacun d’entre eux ». Et voici le 3è prodige : remplis de l’Esprit Saint, signifié par le vent et le feu, « ils se mirent à parler en d’autres langues ». La foule qui festoie est stupéfaite « parce que chacun d’eux les entendait parler sa propre langue. » A tel point que certains les croient « pleins de vin doux » !

 

Grâce à ces témoins, la foi chrétienne sort maintenant du petit Cénacle pour se répandre dans le monde entier. A la suite des premiers chrétiens, l’Eglise adopte donc la fête juive de la Pentecôte et lui donne un nouveau sens : la manifestation publique du don de l’Esprit Saint à l’Eglise.

Pourquoi « publique » ? En fait, Jésus a déjà donné son Esprit Saint aux Apôtres de façon discrète. En mourant, il « remet l’Esprit ». Ressuscité, Jésus souffle sur eux pour qu’ils reçoivent l’Esprit et remettent les péchés. Mais dans les Actes des Apôtres, il y a une foule de tous pays qui est témoin de la force, du feu et de l’adaptabilité de l’Esprit donné à l’Eglise. Et c’est pourquoi la Pentecôte doit être une grande fête – une fête célébrée en rouge, signe de l’Esprit et du témoignage de vie ; une fête joyeuse et qui honore l’aspect universel de l’Eglise, répandue dans le monde entier.

 

 

Le P. Nicolas Steeves est jésuite depuis 2000. Diplômé d’HEC et ancien avocat au Barreau de Paris, il a été aumônier à HEC et au Lycée Sainte-Geneviève (Versailles) de 2006 à 2008. En parallèle de ses études (Paris, Londres et Rome), il a collaboré à Radio Vatican pendant 5 ans. Actuellement, il écrit une thèse de doctorat en théologie sur le lien entre la foi et l’imagination (Centre Sèvres) et travaille à l’église Saint-Ignace (Paris).

 

 

 

Publié dans #Réflexions

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