L’œuvre séculaire de Jean Martin Moyë

Publié le 13 Mai 2012

logo%20jubileAu mois d’avril, les Sœurs de la Divine Providence de St Jean de Bassel ont honoré leur fondateur Jean Martin Moyë. Né en 1730 à Cutting, dans une fratrie de treize enfants, Jean Martin est ordonné prêtre à Metz en 1754. Particulièrement frappé par la misère et la grande ignorance qu’il rencontre à la campagne, il conçoit l’idée d’y envoyer des jeunes femmes lettrées pour instruire les jeunes filles. En Marguerite Lecomte, il trouve un écho favorable pour son projet en faveur de ces délaissées et, le 14 janvier 1762, la jeune femme est envoyée avec plusieurs autres compagnes à Vigy-Befey, « sans provisions, sans savoir comment elles seront nourries et logées, avec seul soutien leur confiance en la Providence ».

Ainsi, la première école voit le jour ; Marguerite devait écrire plus tard : « J’étais dans mon réduit, heureuse et contente. J’étais vraiment là comme un grain de sénevé ».

La population les appelle spontanément « Sœurs de la Providence ». Ce fut le début d’une grande aventure qui devait traverser les énormes bouleversements des siècles à venir et qui, avec la grâce de Dieu, se poursuit de nos jours.

Depuis, en effet, la congrégation est représentée par de nombreuses petites missions de ses sœurs en France, bien entendu, mais également en Afrique, à Madagascar, en Amérique et en Equateur.

Le chapitre de la Congrégation décide alors en 1983 de créer également une mission dans notre région. Le 8 Septembre de la même année elle loue une maison à Bettelainville, au 2 de la rue de Metz, où s’installent deux sœurs, Sœur Marie Jeanne et Sœur Rita avec deux postulantes. Et en 1984 sera achetée la maison d’Hessange, là même où Sœur Claudine et Sœur Henriette habitent depuis octobre 1998 et où Sœur Annie les a rejointes l’année dernière.

Cette bâtisse, d’apparence modeste, est conçue pour abriter en plus des sœurs résidentes plusieurs novices et elle sert également de lieu de halte pour de nombreuses sœurs en déplacement, sur le chemin de la maison mère à St Jean de Bassel, venant d’Outre Atlantique, de Belgique ou d’ailleurs.

Notre communauté de Paroisses entre Canner et Nied se trouve donc sous la protection de Jean Martin Moyë. Ce choix fut arrêté en 2002/2003 en commun accord entre les Sœurs d’Hessange et l’Abbé Steiler.

Il faut dire que les sœurs de la Providence, dont beaucoup ont longtemps travaillé dans l’enseignement, sont de grandes voyageuses à l’exemple de Jean Martin Moyë.

Une fois son œuvre en France sur les rails, le jeune prêtre se prépare aux Missions Etrangères à Paris pour une mission en Asie et embarque en 1771 pour la Chine où il trouve une terre hostile, où les étrangers sont interdits, à plus forte raison les missionnaires. Il entreprend néanmoins un travail clandestin d’évangélisation et prend le risque de fonder des écoles.

Au bout de neuf ans, sa santé se dégrade et il doit rentrer en France. A la Révolution, refusant de prêter serment à la « Religion de la Raison », il s’exile à Trèves où il contracte le typhus au contact de soldats blessés et malades qu’il va secourir. Il s’éteint le 4 mai 1793. Une plaque apposée à l’ancienne église des Jésuites que la Révolution avait rebaptisée « Temple de la Raison » rappelle son souvenir.

Il nous paraît important de retenir deux dates pour la postérité : Le 14 Janvier 1891, pour le 129ème anniversaire de la première école avec Marguerite Lecomte, la Congrégation des Rites décernait à Jean Martin Moyë le titre de Vénérable. Il s’ensuivit un long procès qui aboutit à la béatification solennelle, le 21 novembre 1954, au terme de l’Année Mariale.

Hildegarde RAMET

 

 

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Rédigé par Hildegarde RAMET

Publié dans #Vie de la Communauté

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