Anodin, le signe de Croix ?

Publié le 9 Avril 2012

Source : Famille chrétienne

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Véritable signe de foi, le signe de la croix, qui renvoie à la passion et la mort du Christ, ne se fait pas n’importe comment, ni à la légère. Vraies raisons et bonnes manières de le mettre à l’honneur dans nos vies.

 

« Attention, pas comme des automates : en pensant à ce que vous faites et dites ! ». Le Père Fabien, prêtre diocésain, (ré)explique aux enfants du catéchisme comment on fait le signe de croix. « Vous mettez votre main droite sur le front, en disant : “au nom du Père” ; puis sur la poitrine en disant : “et du Fils” ; ensuite, sur l’épaule gauche et de là, sur la droite en disant : “et du Saint-Esprit”. On ajoute : “amen”, ou “ainsi soit-il”, en joignant les mains comme ça, devant la poitrine ».

 

Une profession de foi

Car le signe de croix n’est pas un acte anodin : il rappelle, de façon symbolique et condensée, les trois grands mystères de la vie chrétienne : celui de la Trinité, mystère d’un Dieu unique en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; celui de l’incarnation du Fils, qui a pris chair dans le sein de la Vierge Marie ; et celui de la rédemption, c'est-à-dire du rachat de l’humanité par la passion et la mort du Christ sur la croix. Fait avec foi, c'est-à-dire adhésion de l’intelligence à ce que l’on fait et dit, il constitue une véritable profession de foi en ces mystères. « C’est un bref résumé du “Je crois en Dieu” », traduit le Père Fabien, qui rappelle aux enfants que le signe de croix nous relie instantanément à la passion et à la mort de Jésus, à travers l’instrument majeur de son supplice : « ces deux morceaux de bois qu’il a dû porter, sur lesquels il a été cloué, où il a agonisé, jusqu’à la mort. Tout cela par amour pour nous ». Et grâce à quoi nous avons été sauvés, comme le rappelle cette phrase du chemin de croix : « Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons, parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix ».

 

Une belle et grande prière

C’est pourquoi on ne se signe pas (comme on disait autrefois) n’importe comment. « Et pour commencer, pas à toute vitesse, comme on le voit parfois faire à la télé ou dans certains films », insiste le Père Fabien. « À l’Île-Bouchard, a témoigné Jacqueline Aubry, l’une des voyantes, Marie l’a fait très lentement. Elle a voulu nous dire que le signe de croix est une grande et belle prière ». On vit cette prière non seulement dans la foi, mais aussi dans l’amour et la gratitude, uni au Christ et aux chrétiens crucifiés à sa suite. Comme ces martyrs japonais, dont Louis, 12 ans, et Pierre, plus jeune encore, qui périrent à Nagasaki en 1596. Ou plus récemment Damare, cet enfant soudanais qui a été cloué sur une croix, puis détaché, et qui a pardonné à ses bourreaux. Ou encore ceux qui sont cloués sur la croix de la maladie, de la peur, de la solitude… Pensons-nous à tous ces « autres Christ », quand nous faisons notre signe de croix ?

 

Un signe de la vie quotidienne

Mais d’abord, quand faut-il le faire ? « Le chrétien commence sa journée, ses prières, ses actions par le signe de croix », pose le Catéchisme de l’Eglise catholique. Ce qui n’empêche pas de se signer aussi en se couchant, ou à la fin d’une prière ou d’une action. Ainsi, la messe, qui actualise la mort, la passion et la résurrection du Seigneur, commence et se termine par le signe de la croix. « Je ne me suis jamais endormie sans avoir fait mon signe de croix, ajoute Magdalena, 75 ans. Je me signe aussi quand je passe devant une église ou un calvaire ». La croix peut également être tracée « en miniature » sur les personnes ou les objets : fidèle lui-même, mourant, malade, enfant que l’on bénit le matin avant le départ pour l’école, ou le soir au coucher, pain que l’on marque d’une croix avant de le rompre… Plus discret et plus rapide à réaliser que le « grand », le « petit » signe de croix peut s’avérer précieux.

 

Dans tous les cas, il ne faut pas mésestimer la puissance de ce geste, fait avec piété. « Il nous fortifie dans les tentations et les difficultés », annonce le Catéchisme de l’Église catholique. Pensons à y recourir dans nos combats : une petite croix sur la bouche pour se garder d’une médisance, une autre sur le front pour que s’éclaire notre intelligence, un beau et lent signe de croix quand le découragement nous guète… « Je me signe souvent dans la journée, pour m’unir au Christ et me revêtir de Lui », ajoute Magdalena. (Bien) faire le signe de la croix, c’est puiser dans les mérites, infinis, de la passion et de la mort du Christ. Et attirer la bénédiction de Dieu.

Élisabeth de Baudouïn

 

Rédigé par Famille Chrétienne

Publié dans #Foi et vie chrétienne

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