Chronique de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri – François parmi les loups

Publié le 9 Juin 2015

Dans sa chronique du dimanche 7 juin 2015, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri présente le visage plein de miséricorde d'un pape François au milieu des loups. Serons-nous le soutenir ?

Bonjour,

J’ai lu il y a quelque temps le livre François parmi les loups du journaliste vaticaniste Marco Politi. Je l’ai connu lorsque j’étais à l’ambassade de France près le Saint-Siège à Rome et j’apprécie la pertinence de ses analyses. À la lecture de son livre, j’ai réalisé combien le pape François avait besoin de soutien face à ceux qui, même dans son entourage immédiat, critiquent certaines de ses prises de positions qu’ils jugent trop ouvertes et tentent de leur faire obstacle. Il a face à lui certains de ceux qui se crispent sur leur vérité, qui refusent tout débat et passent derrière lui pour refermer les portes et les fenêtres qu’il ouvre pour faire entrer dans l’Église un vent d’Espérance, pour ne pas dire le souffle vivificateur de l’Esprit.

Alors, c’est vrai, ça décoiffe !!!

Dans les années 90 lorsque j’étais porte-parole des évêques de France, je déplorais fréquemment que faute de débats à l’intérieur de l’Église ce soient les médias qui en prennent l’initiative. Le pape François non seulement souhaite les débats au cœur même de l’Église mais les encourage. Et les chrétiens de toutes sensibilités devraient s’en réjouir.

Par cette attitude, le pape François brise l’image qu’a de l’Église une certaine opinion publique. À partir de l’image d’une Église qui juge et condamne, il façonne celle d’une Église qui aime, accueille et pardonne. D’une Église qui est jugée par certains comme un obstacle entre les hommes et Dieu, il fait une passerelle, un pont entre Dieu et les hommes. Et s’il met le doigt sur les blessures de l’âme humaine ce n’est pas pour les raviver mais pour les panser et pour exprimer de la tendresse et de la compassion.

Je me souviens de cette remarque que me fit un jour un grand animateur de télévision dont la vie n’était pas un exemple : « Je n’attends pas, me dit-il, que l’Église me dise que ce que je fais est bien. Ce que j’attends d’elle c’est qu’elle m’aime. »

C’est sans doute la raison pour laquelle le pape François a décidé de faire de l’année 2016 l’année de la Miséricorde, pour dire « comment l’Église pouvait rendre plus évidente sa mission d’être témoin de la miséricorde. » Témoin de la bonté et de l’amour de Dieu pour l’humanité.

Alors, dans ce monde écorché, dans des sociétés meurtries, divisées, le pape François conduit une Église qui se présente avec les blessures de ses propres faiblesses comme signes d’amour, pour rappeler à l’humanité que sa vocation est de vivre la réconciliation et le pardon et d’en puiser la force dans l’amour et la miséricorde de Dieu.

À bientôt.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

Évêque de Gap et d’Embrun

Publié dans #Actualité

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