Bruxelles à l’aube d’une nouvelle catéchèse

Publié le 6 Mai 2015

Bruxelles à l’aube d’une nouvelle catéchèse

À l’invitation des évêques de Belgique, le vicariat de Bruxelles a procédé à une refonte totale du parcours de catéchèse pour les catholiques francophones.

 

Son application, dès la rentrée scolaire de septembre 2015, a suscité des débats sur la manière de transmettre la foi.

« Passer d’une logique d’entretien de la foi à une logique missionnaire ». Voilà le défi lancé par le vicariat de Bruxelles aux vingt-cinq unités pastorales de la ville, en vue de réorganiser les parcours catéchétiques pour la rentrée prochaine. Dans le prolongement d’une lettre des évêques de Belgique, qui invitait en septembre 2013 les catholiques belges à réfléchir à un « renouveau de la pastorale des trois sacrements de l’initiation chrétienne », – baptême, confirmation et eucharistie –, cette nouvelle catéchèse a vu le jour au terme d’un processus de plusieurs mois de concertation avec toutes les paroisses.

Jusqu’à présent, en Belgique, le modèle de la catéchèse en paroisse était discontinu, structuré autour de la réception des sacrements : la première communion entre 7 et 9 ans – après six mois à un an de préparation –, puis, au terme de deux ans de parcours, la profession de foi, et la confirmation en dernière année de primaire (équivalent à la 6e en France). « Ce modèle était conçu essentiellement pour mettre des mots sur une foi déjà vécue par ailleurs, en famille, à l’école ou dans les mouvements de jeunesse », explique Diane de Talhouet, du département « Grandir dans la foi » du vicariat de Bruxelles. Mais dans le contexte actuel, où être chrétien n’est plus une évidence sociologique, « la catéchèse doit être en partie repensée, aussi pour mieux retrouver ce qu’elle a été aux origines de l’Église, explique Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire de Bruxelles, dans sa lettre pastorale « Grandir ensemble dans la foi ». Pour « naître à la foi », celle-ci propose d’abord une « catéchèse d’initiation » menant à la réception de trois sacrements, dans le respect de leur ordre originaire : le baptême, la confirmation et enfin l’eucharistie. Pour « approfondir et grandir dans la foi » ensuite, une « catéchèse de maturation », pour tous et déclinable tout au long de la vie. Pour les enfants, le parcours d’initiation pourra démarrer vers l’âge de 8-9 ans et débouchera sur une seule célébration vers 11 ans, incluant baptême pour ceux qui ne sont pas baptisés, la profession de foi en groupe, la confirmation, et la première communion. Ensuite, les différentes unités pastorales ont été appelées à mettre systématiquement en place une pastorale des jeunes. Site Internet, guide pastoral, une multitude de supports et d’outils ont été mis au point pour accompagner cette transition.

 

« Une nouvelle pastorale qui ne prépare plus aux fêtes d’un jour, mais à la joie de croire »

« L’objectif est de redonner à la catéchèse ses lettres de noblesse, avec une nouvelle pastorale qui ne prépare plus aux fêtes d’un jour, mais à la joie de croire » résume Marie-Françoise Boveroulle, du vicariat de Bruxelles.

De multiples réunions ont été organisées dans les différentes unités pastorales pour débattre des propositions du diocèse. Mais à quelques mois de la prochaine rentrée, les questions demeurent. Comment coordonner ces nouveaux parcours et trouver des responsables prêts à s’y engager ? Comment cela sera-t-il accueilli ? Certains restent sceptiques. « Certes, à Bruxelles, la pratique régulière devient exceptionnelle, et les sacrements sont parfois plus demandés par identité culturelle que par véritable appartenance religieuse. Mais accueillir, cela permettait aussi de semer silencieusement des graines d’évangile, assure Claire, professeur de religion et mère de famille impliquée dans sa paroisse. Je crains que le parcours d’initiation, ressenti comme une exigence en plus des cours de religion à l’école, ne décourage ceux qui ne sont pas prêts à s’impliquer. »

Conscient des risques, l’évêque auxiliaire de Bruxelles a rappelé que le nouveau cadre doit rester souple, et permettre aussi des demandes de sacrements anticipés, au cas par cas. Il a appelé les paroisses à « faire preuve de pédagogie pour que chacun s’approprie la nouvelle démarche, tout en se sentant toujours accueilli, écouté et respecté ».

 

Raphaëlle d’Yvoire, à Bruxelles

 

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Bruxelles-a-l-aube-d-une-nouvelle-catechese-2015-05-05-1309417?xtor=EPR-9-[1300833980]

Publié dans #Actualité

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