Deux ans plus tard, un pape toujours déterminé

Publié le 20 Mars 2015

Deux ans plus tard, un pape toujours déterminé

Le pape François, qui fait confiance aux vertus des processus lents, se méfie de la quête effrénée d’efficacité, n’est sans doute pas adepte de bilans tirés au bout de deux ans d’un pontificat initié le 13 mars 2013. Cet anniversaire le trouve à l’œuvre, en plein chantier. Celui de la réforme de la Curie romaine, dont le pan économique vient d’être fixé et qui attend d’autres mesures. Celui du Synode des évêques sur la famille, qui a mis toute l’Eglise en débat – et parfois en émoi.

Le pape, lui, semble garder la même sérénité intérieure, celle qu’il disait ressentir au soir de son élection et qu’exprima un doux, presque ingénu, « buona sera ». Lui qui se préparait à sa retraite avant d’atterrir au conclave ne regarde pas en arrière. De fait, il ne retournera pas en Argentine avant fin 2016. Il avance, déterminé. A la manière dont il remonte la nef de Saint-Pierre après chaque célébration : tête baissée, sans un regard pour la foule qui le mitraille. A 78 ans, Jorge Bergoglio travaille sans relâche, se donne du mal. Il suit son rythme, son agenda. Il tient à faire les choses à sa manière bien à lui.

Les pronostics, il les laisse mourir d’eux-mêmes. Non, il n’a pas quitté Sainte-Marthe, sa résidence que d’aucuns estimaient au départ provisoire. Non, sa popularité n’est pas retombée. Non, il ne se révèle pas plus un ‘progressiste’ qu’un ‘conservateur’. Il en va des résistances qui se lèvent contre ses réformes comme des menaces sur sa sécurité : il sait qu’elles existent mais elles ne le détournent pas de sa route.

Au contraire, François persiste et signe. Cette année encore, il a emmené la Curie en retraite de Carême au dehors. Il a doté son Secrétaire pour l’économie d’attributions importantes, en dépit des pressions. Il lavera de nouveau les pieds à des détenu(e)s au Jeudi Saint. Il retourne bientôt discourir sur les terres de la mafia. Il prépare le second Synode sur la famille. Dans son homélie du 15 février dernier, devant les cardinaux réunis en consistoire, il a reformulé avec force sa vision d’une Eglise ouverte aux exclus, à l’encontre de la « logique » issue de « la peur de perdre ceux qui sont sauvés ».

François entend poursuivre son chemin, sans en connaître par avance l’issue. Avec une seule supplique, qu’il répète plusieurs fois par jour, inlassablement depuis deux ans : « N’oubliez pas de prier pour moi ».

 

http://rome-vatican.blogs.la-croix.com/deux-ans-plus-tard-un-pape-toujours-determine/2015/03/12/

Rédigé par La Croix

Publié dans #Actualité

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :