Une semaine presque ordinaire de François

Publié le 20 Février 2015

Une semaine presque ordinaire de François

Après le consistoire et la création de 20 nouveaux cardinaux, la semaine du 15 février paraissait bien calme au Vatican. Enfin presque. Lundi devait commencer le nouveau service de douches ainsi que de coiffeur offert bénévolement pour les sans-abris tout près de la place Saint-Pierre. Le même jour, le pape recevait en audience le roi de Tonga, petit pays ô combien loin de Rome mais représenté en nombre pour fêter son premier cardinal de l’Histoire.

Mardi, le pape a reçu en fin de journée, dans sa résidence de Sainte-Marthe, une délégation de garde-côtes italiens. Assis sur des fauteuils disposés autour de lui, ils lui ont raconté leurs opérations de sauvetage en mer auprès de réfugiés, qui mettent leur vie en péril dans l’espoir d’en gagner une meilleure en Europe. « Je me sens petit face au travail que vous faites », leur a confié, admiratif, Jorge Bergoglio. Un pape qui avoue se sentir « petit », cela pourrait presque défrayer la chronique.

Le lendemain, mercredi, l’agence Associated Press a signalé qu’à l’audience hebdomadaire du pape, place Saint-Pierre, une association de gays et lesbiens catholiques américains avaient reçu d’excellentes places de la part de la Maison pontificale pour y assister de près. Une faveur inédite, ajoutait l’agence de presse.

Jeudi, le pape, évêque de Rome, s’est entretenu longuement, à huis clos, avec les prêtres de son diocèse à l’occasion de leur rencontre annuelle. Il fut largement question de la façon de parfaire leurs homélies, préoccupation on l’a compris insistante du pape jésuite.

Enfin vendredi, il a reçu les évêques ukrainiens les exhortant, au milieu des déchirures de leur pays, à faire unité et à se préoccuper davantage de justice sociale que de faire de la politique.

Reparcourir cette semaine montre à quel point elle était, en tous points, très bergoglienne. Sauf erreur, rien de tout cela n’a fait les gros et petits titres dans la presse cette semaine. Cela montre à quel point nous sommes, vaticanistes inclus, en moins de deux ans, déjà habitués au pontificat de François : à sa parole, à ses gestes, à ses priorités, aux tweets, à ses homélies matinales dans l’ambiance paroissiale de la résidence Sainte-Marthe. Plus rien ne nous étonne.

Tout comme les deux thèmes forts, que le pape a abordés mercredi. Le matin, lors de l’audience publique, sur la fraternité, mot-clé de ce pontificat. L’après-midi, dans son homélie pour la célébration des Cendres, sur le cœur et le « don des larmes », déjà abordé avec les jeunes aux Philippines un mois plus tôt ou dans son message aux JMJ tout juste rendu public, entre autres occasions. Avoir le cœur de reconnaître son frère pourrait à lui seul résumer le message du pape François, qui l’a décliné cette semaine encore, à sa façon, inlassablement.

Gare à nos imperceptibles haussements d’épaules devant celui qui dénonça, à l’aube de son pontificat, « la mondialisation de l’indifférence ».   

Sébastien Maillard

 

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Rédigé par Sébastien Maillard

Publié dans #Actualité

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