Le synode sur la Famille

Publié le 18 Octobre 2014

Le synode sur la Famille

Du 5 au 19 octobre prochain, 253 cardinaux, évêques, prêtres ou laïcs vont réfléchir à Rome sur les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’Evangélisation. Bien entendu, tous, nous avons déjà notre idée qui est faite. Une idée souvent emprunte de compassion pour les victimes des « accidents de la vie », les divorcés remariés, ou pire, les enfants qui vivent ces drames. C’est cette même compassion qui a poussé le pape François à rassembler ce synode, ainsi qu’un prochain en 2015, sur ce thème très large de la famille. Son attitude de miséricorde ne veut pas oublier celles et ceux qui vivent ces situations dramatiques. Au programme des débats, cet automne, une évaluation des données, témoignages et suggestions déjà recueillis par Rome afin de répondre aux nouveaux défis sur la famille. L’Assemblée Générale de 2015, qui selon le Vatican sera plus représentative des diocèses, viendra se greffer sur le travail de cette année, et réfléchira plus particulièrement « sur les thématiques affrontées pour définir des lignes d’action pastorales plus appropriées » (Document de travail pour le synode) Ainsi donc, ne nous emballons pas et n’attendons pas trop vite des réformes. A l’issue d’un synode, rien n’est décidé. Des propositions sont remises au pape, qui les travaille, qui étudie la manière de les mettre en œuvre, et qui, en général, publie une lettre pastorale, c'est-à-dire un texte pour donner des orientations pastorales. Un synode ne change pas le dogme (ce n’est pas un concile), et donc la question de la communion des divorcés remariée, ou d’un remariage, ne sera pas réglée de suite… Le synode est un long processus, qui a déjà débuté il y a plusieurs mois ; peut-être avez-vous entendu parler de la consultation qui a été faite en fin d’année dernière, dans tous les diocèses du monde, sur la famille. Sur des points très médiatiques, certains cardinaux ont d’ores et déjà pris des positions très fermes, réaffirmant l’aspect indissoluble du mariage (le fait qu’il soit éternel), tandis que d’autres, comme le cardinal Kasper, appellent à une évolution de la pratique, ouvrant la porte à la communion des divorcés remariés après un chemin de réconciliation qui serait semblable à celui du catéchuménat. Au-delà de ces questions controversées, d’autres problèmes se posent aujourd’hui à l’Eglise, et il serait malvenu de les négliger. Comment aider les familles à vivre l’unité en leur sein, quels conseils ou repères donner aux parents pour l’éducation de leurs enfants ? Que dire aux familles qui vivent dans la pauvreté, voire la précarité, qui sont obligées de migrer et de découvrir une nouvelle culture. Comment partager la foi aujourd’hui dans des familles où la transmission ne va plus de soi ? Les questions sont nombreuses, elles concernent toutes les situations, s’intègrent dans les cultures du monde entier, et les deux semaines de travail synodal ne seront pas de trop. Pour autant, il nous faut également constater que rarement la prochaine réunion des évêques au Vatican pour parler de la Famille aura aussi bien porté son nom. En effet, au-delà des résultats et des conclusions qui pourraient sortir de l’assemblée romaine, chacun de nous qui est invité à se poser ces mêmes questions sur la famille. Le mot Synode vient de deux mots grecs, qui se traduisent par « route » et « ensemble ». Alors bien entendu, nous pouvons fustiger les positions théologiques et pastorales de l’Eglise, ou les défendre de manière très dogmatique, mais comment cheminons nous avec ceux qui ne vivent pas dans une famille telle que l’Eglise la présente ? Quel accueil de notre part, dans nos célébrations ou dans nos rencontres, avec les divorcés remariés, avec les couples homosexuels, avec les enfants vivant dans une famille recomposée ? Le Synode, c’est à Rome, mais aussi dans nos villages…

Rédigé par Stéphane JOURDAIN

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