Le supermarché des sacrements…

Publié le 18 Octobre 2014

Le supermarché des sacrements…

« Bonjour c’est pour quoi ? » « Je viens voir pour un baptême... » Scène ordinaire à la permanence du Centre Pastoral. On pourrait imaginer le même discours pour les mariages, pour la communion ou pour la confirmation. Des personnes qui viennent, parfois un peu maladroitement, demander un sacrement. Certes, ce ne sont que rarement des « piliers d’Eglise ». Ils ne savent plus trop comment ça se passe. Mais ils sont là. Peut-être même que vous qui lisez ce texte, vous êtes l’un ou l’une d’entre eux. Et pour nous prêtres, pour les chrétiens habituels, la question finit par se poser : mais pourquoi célébrer un sacrement si le reste du temps on ne vient pas à l’église, si l’on ne pratique pas, au moins un tant soit peu… Parce que les sacrements, c’est comme les antibiotiques, « c’est pas automatique » ! Ce n’est ni un dû, ni une obligation, d’un côté (celui de l’Eglise) comme de l’autre (la famille qui pousse pour que le petit dernier soit baptisé…). Vivre un sacrement, c’est entrer dans une démarche de foi. C’est accepter de se laisser interpeller par Dieu, admettre que ce qui se vit aura des conséquences sur notre vie… Oui, le sacrement, ce n’est pas qu’un moment de prière, c’est un cheminement aux côtés de Jésus Christ. Du coup, cette année, en discutant avec les jeunes que j’allais marier, je leur ai posé une question : « Vous venez demander un service à l’Eglise, mais qu’est-ce que vous apportez à l’Eglise ? » Et plus je pose cette question, plus elle me parait pertinente. Parce que si l’Eglise distribue largement et avec beaucoup de bonheur les sacrements (et donc la Vie que Dieu nous donne), il faut bien reconnaître que nous ne sommes pas dans un supermarché où l’on vient se servir. Bien souvent, je vous avoue, il y a un blanc après cette question. Alors j’aide à réfléchir. Quels sont vos dons, vos capacités, que vous pouvez offrir à l’Eglise ? Pour les uns, ce sera de réfléchir à la foi, de se former pourquoi pas, d’accepter de s’abonner à une revue chrétienne pour y découvrir la richesse de la foi. Pour d’autres, c’est un engagement matériel, à travers l’aide pour des travaux, une expertise dans un domaine particulier, un engagement auprès de personnes en difficulté… Certains ne répondent rien, mais la question est lancée. J’ai fait ma part du travail. Comme le disait Sainte Bernadette, « je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire » ! S’engager, d’une manière ou d’une autre, c’est montrer qu’on prend cette question de la foi au sérieux. En effet, pour être reçus avec efficacité, pour qu’ils puissent produire leurs fruits, les sacrements supposent la foi. Cependant, jusqu’à présent, on n’a rien trouvé pour mesurer la foi des gens (et c’est certainement mieux ainsi). Alors c’est à nous qu’il convient de la susciter, de la faire grandir, de l’accompagner. Et ce faisant, c’est aussi notre foi qui s’étoffe lorsqu’en discutant avec ces personnes, elle se définit plus précisément. Il y a un peu plus de 15 ans, les évêques de France avaient sorti un texte intitulé « proposer la foi dans la société actuelle ». L’an dernier, dans son exhortation « La joie de l’Evangile » c’est le pape François qui nous encourageait à aller aux périphéries ! « L’Église “en sortie” est la communauté des disciples missionnaires qui prennent l’initiative, qui s’impliquent, qui accompagnent, qui fructifient et qui fêtent ». Comme on dit, « y’a plus qu’à » !

Rédigé par Stéphane JOURDAIN

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