Commémoration de la naissance de Simone Coqué à Altroff

Publié le 16 Juillet 2014

Commémoration de la naissance de Simone Coqué à Altroff

En cette année 2014, à Altroff, nous honorions une fille du village : Simone Coqué y vit le jour le 2 Juin 1914 dans une famille d’agriculteurs. Elle devait accomplir des actes héroïques pleins de courage et d’abnégation pendant la seconde guerre mondiale (voir notre « Lien » de mai 2014).

Décorée de la Légion d’Honneur et déclarée Juste parmi les Nations par l’Etat d’Israël en 2004, la municipalité souhaitait l’honorer tout particulièrement. Près du monument aux morts d’Altroff, au pied de l’Eglise, une plaque en sa mémoire fut inaugurée le 1er juin dernier lors d’une cérémonie officielle qui suivit la messe pendant laquelle sa vie de chrétienne fut évoquée, vie empreinte d’amour du prochain et de sacrifice pour les autres, en l’occurrence des enfants juifs qu’elle aidait à soustraire à l’occupant de notre Pays.

Sur la place de l’église, le maire, René Kiffer, ainsi que plusieurs personnalités officielles lui rendaient hommage en présence du conseil municipal, du conseil de Fabrique, de quelques membres de la famille Stolze-Coqué et de la population de notre village et des environs, venue nombreuse assister à cet événement exceptionnel.

Un vin d’honneur clôturait cette belle cérémonie et le passant pourra dorénavant se recueillir devant la plaque qui lui rappellera « A la mémoire de Simone Coqué, 1914-2008, élevée au rang de Juste parmi les Nations, le 27 avril 2004».

Hildegarde RAMET

Qui est Simone Coqué ?

Née en 1914 dans un petit village lorrain au sein d'une famille de paysans, destinée par ses parents à devenir paysanne elle-même, Simone Coqué s'est révélée très bonne élève à l'école et la première fille du canton à obtenir le certificat d'études. Sa persévérance et son opiniâtreté finissent par convaincre ses parents de la laisser aller poursuivre des études de puéricultrice puis d'infirmière à Metz.

A la déclaration de guerre, elle est infirmière à l'hôpital militaire de Metz, ville qu'elle quittera quelques jours après l'invasion allemande pour Lyon, où elle devient infirmière au grand hôpital. Mais elle souhaite poursuivre ses études et entre en septembre 1941 à l'école d'assistantes de service social à Lyon. Son diplôme en poche, elle sollicite un poste à Limoges (ses parents et son frère ont été expulsés dans les environs), mais cela ne peut se faire et elle commence son nouveau travail à Lyon.

C'est là qu'en novembre 1942 elle est approchée par une autre assistante sociale qui lui parle des enfants juifs et des rafles. Elle accepte immédiatement de participer à un réseau d'aide. Elle est présentée à Georges Garel. Pour lui, Simone Coqué est une recrue de choix : célibataire, ancienne infirmière ayant une solide expérience, expulsée et détestant Pétain autant que les nazis, catholique fervente. Le premier travail qu'il lui confie sera de placer des enfants dans des familles d'accueil dans la région lyonnaise.

Au printemps 1943, Simone Coqué obtient sa mutation à Limoges. Elle y assurera des convoyages d'enfants de Limoges à Annemasse. Elle continuera également à placer des enfants, cette fois dans le département de la Haute-Vienne, et à assurer leur suivi, mais elle va aussi jouer le rôle d'intermédiaire entre Georges Garel et les responsables départementaux et régionaux du réseau.

Simone Coqué sera ainsi amenée à transporter et répartir de fortes sommes d'argent et, bien entendu, des instructions. Elle se déplace beaucoup.

Début 1944, Simone Coqué se voit confier la responsabilité du département de l'Aveyron tout en continuant son travail de liaison et de transport de fonds pour le Centre et le Sud-Ouest. C'est au cours de cette nouvelle mission qu'elle va faire la connaissance d'un jeune garçon, caché à l’orphelinat de Grèzes à Sévérac-l'Église, et qui se désespère.

Le petit Salomon Jassy, né en 1936 à Strasbourg, de parents Polonais, faisait parti des enfants accueillis dans un premier temps au château de Chabannes et soudainement dispersés une nuit de l'automne 1943. Il a vécu la séparation d'avec sa sœur Tamar, dite Antoinette, née le 26/06/1933 à Strasbourg, comme un véritable déchirement. Sans nouvelles de ses parents (il ignore que son père a été déporté à Auschwitz), l'enfant se laisse dépérir. Les contacts que Simone Coqué va nouer avec lui, l'affection qu'elle va lui apporter tout au long de ses visites, vont redonner espoir et goût de la vie au petit Salomon.

Salomon Jassy retrouvera sa sœur, Tamar et sa mère Eidera Jassy, en 1944. La famille partira en Israël en 1949.

50 ans après, Salomon décide de retrouver sa bienfaitrice. Dès lors commence un véritable jeu de piste pour retrouver la femme, la religieuse, croyait-il, qui l’avait caché et sauvé, pendant la Guerre. C’est en 2003 que l’énigme trouve sa solution : Simone Coqué, 89 ans, désormais Simone Stolze, bien que revêtue à l’époque d’une coiffe, n’était en rien une religieuse. Elle est veuve, elle a 7 enfants et 6 petits-enfants et vit à Thionville.

Simone Stolze-Coque a reçu le 27 avril 2004, le titre de Juste parmi les Nations. Elle est décédée le 08 juillet 2008 à Thionville.

Rédigé par Hildegarde RAMET

Publié dans #Vie de la Communauté

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